Violence et
médias
Complexité du phénomène violent : outils
d'analyse
Des positions
radicales sont souvent exprimées sur la responsabilité
des média et notamment de la télévision, sur la
violence des jeunes. Certaines personnes ne possédant pas de
poste de télévision afin de “protéger” leurs
enfants de cette violence en images! Les positions sont donc
très opposées et ancrées sur deux pôles
inconciliables :
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responsabilité du créateur
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responsabilité du spectateur
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responsabilité du diffuseur |
responsabilité du client
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L’exemple du jeune
garçon qui a poignardé ses parents selon la
scénographie du film “Scream 3” est abondamment utilisé
aussi bien pour argumenter la responsabilité du film (et de sa
violence) que la responsabilité du jeune homme (et/ou de sa
psychopathologie). On peut proposer une autre approche qui nous
évite le conflit frontal :

Ce schéma,
inspiré d’une définition de la toxicomanie*, nous a
permis de réintroduire dans le débat la notion de
singularité des situations, grâce à la notion de
rencontre. Car l’on ne peut se sortir de cette réflexion
bloquée qu’en n’opposant pas théorie et pratique, qui se
rejoignent dans les situations qui sont, elles singulières.
Une autre approche réside dans la traduction pédagogique
de la logique des antagonismes. C’est avec l’aide des travaux de
Philippe MEIRIEU que cette partie de la réflexion peut se faire.
MEIRIEU pose que l’acte éducatif est en tension permanente entre
des paires de pôles contradictoires et irréductibles :
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inné
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![]() |
acquis |
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contenus
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![]() |
sujet
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tâche
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![]() |
apprentissages
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épanouissement
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![]() |
socialisation
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Mais, au-delà
du constat et c’est ce qui nous intéresse, il rejoint la logique
des antagonismes en affirmant que cette contradiction est constitutive
de l’acte éducatif, que les deux pôles sont
simultanément justes, et que c’est dans la gestion de cette
tension que va se jouer l’acte pédagogique ainsi que sa
créativité. Ce n’est donc pas une théorie
définitive qui clôturerait le sens de l’acte
pédagogique une fois pour toutes qu’il nous propose, mais une
position éthique qui nous permet d’agir en situation
singulière. A l’opposition stérile des deux pôles
qui finissent par se résumer pour le pédagogue au choix
du :
| fais ce que tu veux | ![]() |
fais ce que je veux |
il substitue la
dynamique du :
qu’est-ce
que nous pourrions vouloir ensemble ?
Et il s’agit bien ici
d’une position éthique et opérationnelle, car il
ne s’agit pas d’une profession de foi qui se serait vite
démagogique. Cette position éthique est elle-même
antagoniste, car elle repose sur l’existence simultanée chez
l’éducateur d’une identité et d’une différence
avec l’apprenant :
| identité de nature | ![]() |
différence de fonction |
Sans identité,
sans un minimum de reconnaissance mutuelle, il ne peut y avoir de
communication et les apports sont impossibles, mais sans
différence il n’y a que relation et il n’y a pas d’apports de
connaissances et d’aide à leur construction.
* La toxicomanie est le résultat de la rencontre d’un
produit, d’une histoire personnelle et d’un moment socio-culturel.
Erick Lenguin